L’Institut de la Finance Durable publie son nouveau rapport « Nature et finance : métriques et outils pour un langage commun »
Le déploiement d’un reporting nature robuste constitue aujourd’hui un enjeu clé pour les entreprises comme pour les acteurs financiers. L’Institut de la Finance Durable publie son nouveau rapport sur les métriques et outils pour un langage commun sur la nature.
Au-delà des exigences réglementaires et des obligations de transparence, le reporting nature représente une opportunité de construire un langage commun permettant une meilleure compréhension des dépendances, impacts, risques et opportunités liés à la nature.
Si les cadres volontaires et réglementaires se consolident, l’exercice de reporting nature reste un exercice peu mature.
Moins de 1 % des entreprises cotées en bourse à l’échelle mondiale ont communiqué sur leurs impacts sur la biodiversité dans leurs rapports (IPBES, 2026). A l’échelle européenne, 39% des entreprises soumises à la CSRD ont identifié en 2024 les enjeux liés à la biodiversité comme matériels (contre 98% pour l’ESRS E1 sur le changement climatique). Concernant les entreprises françaises soumises à la CSRD, 53% des entreprises non financières ont évalué l’enjeu comme matériel, contre 31% des entreprises financières (EFRAG, 2025).
La pertinence des indicateurs présents dans les cadres varie selon la typologie d’acteurs : certaines métriques peuvent être notamment utiles pour les entreprises et s’avérer difficiles à exploiter directement par les acteurs financiers.
Si certains indicateurs s’avèrent utiles pour les entreprises non financières afin d’identifier et gérer leurs enjeux liés à la nature à l’échelle de leurs sites (ex : consommation d’eau, niveau de polluants, emprise spatiale, etc.) , ils peuvent en revanche s’avérer moins exploitables directement pour le pilotage des activités des institutions financières. Les informations sur la nature ont besoin d’être contextualisés par les acteurs financiers pour être plus directement exploitables. Par exemple, en croisant les données avec la localisation des activités (zones à risque de stress hydrique, etc.), avec des seuils d’émission de polluant (règlementaires ou non), et en effectuant des comparaisons au sein d’un même secteur.
La métrique unique n’existe pas pour la nature, mais il est possible de se concentrer sur un socle d’indicateurs pertinents pour lesquels des sources d’informations commencent à se structurer. L’Institut de la Finance Durable propose une matrice de lecture permettant de naviguer entre ces indicateurs et ces données.
En rapprochant les besoins des acteurs financiers des informations produites par les entreprises, le reporting nature peut devenir un levier de dialogue, d’engagement et d’allocation plus efficace des capitaux. Le défi n’est donc plus seulement de produire davantage de données, mais de rendre celles-ci lisibles et mobilisables pour la décision financière.
C’est dans cette perspective que l’Institut de la finance durable propose un parcours de lecture permettant de transformer les données disponibles en indicateurs utiles au pilotage des portefeuilles. La matrice produite dans ce cadre avec les acteurs de la Place de Paris ne vise ni à créer de nouveaux indicateurs ni à remplacer les cadres existants. Elle a pour ambition de faire le lien entre les données produites par les entreprises et les besoins des institutions financières, afin de faciliter leur exploitation opérationnelle et de renforcer le dialogue entre financeurs et entreprises.